SKRUK - VIS

 


Pénélope était un peu « éteinte » ces derniers mois. Un mélange d’envie de prendre sa vie en main, enfin de mettre le turbo sur ses nouveaux projets pros, et de s’éloigner des choses de la vie un peu trop collantes.

 

Alors oui, je réactive de temps en temps Tinder, Happn, et je me suis fait un compte OKcupid (mon psy trouve ça limite le « cupid », j’avoue j’avais pas pensé au mot cupidité moi…), sur les conseils d’un jeune collègue, il y a quelques mois.

Le résultat est sans appel, on retrouve les mêmes profils sur toutes les applis. Les mecs doivent faire comme moi, aller et venir dans l’espoir de … je m’arrête là…l’espoir est une chose TROP personnelle.

Je commence finalement à avoir le nez fin, j’ai l’œil de plus en plus affuté. Je sature quand même un peu, moi qui ai des limites assez larges, là j’ai l’impression d’atteindre le bout de ce que je peux tolérer.

 

Alors oui, il faut que je vous raconte. Mais par où commencer. Dans ma tête tout est clair, tout s’imbrique, tout s’illumine, ou s’obscurcit. Mais là, face à mon écran, c’est moins simple de tout ordonner.

 

Il me semble que j’ai déjà écrit sur les coïncidences. Je fais très fort encore une fois ici.

 

En vrac, il va être question du Danemark, de FIV, d’homme marié…  Hop Hop Hop, je balance tout ça dans le shaker et je me lance.

 

Voilà, certains le savent, je débute cette semaine de vacances estivales, au Danemark. J’ai organisé cela depuis des mois, trois exactement. Rien de fou, mais bon en y regardant de plus prêt je m’interroge sur les « signes » du destin, depuis quelques jours.

 

(j’ai un peu de retard dans ce texte, un oubli de chargeur à Paris, a clairement limité mon impulsion littéraire. Donc les dates sont correctes, mais la publication un peu retardée)

 

Jeudi 30 juin, mon fils adoré, part pour une semaine chez un copain sur la côte Atlantique. Je réactive Tinder, je me dis que je vais avoir dix journées un peu tranquilles et du temps, en continue, pour moi.

 

15h30 : Je "match" direct avec un monsieur charmant. J’hésite encore dans son petit surnom, ça viendra plus tard. Bref, on échange un peu sur l’appli, il est marié, un classique me direz-vous, passons. Je me dis que tant pis, c’est son problème et je lui propose de passer sur Whatsapp car c’est plus simple pour moi qui n’ai pas activité les notifications Tinder, et ceci me permet d’éviter de perdre mon temps, car étonnement ils se sentent plus « libres » loin de l’appli ces messieurs.

Je ris assez vite, car le gars fait le farouche, en mode, ah ben je ne sais pas si je peux te faire confiance … HI HI HI je me marre. Je lui réponds que je ne vais pas le supplier quand même, la blague.

Ah j’oubliais de vous dire, il vit à 500 mètres de chez moi… si si.. Donc bon, il flippe sa mère quand même le gars. C’est facile de tromper mais moins facile de gérer sereinement la distance (on fait nos courses dans la même rue !! J’adore l’idée de le croiser chez le boucher… oui, oui je sais c’est moche, mais attendez la suite).

 

Je monte dans le bus, je ferme l’appli Tinder et je passe à autre chose.

BIM !

 

16h14 ce même jour, je reçois ce message:


« Salut, suite de la conversation ici alors ? 

Je réponds poliment par un smiley qui sourit ! Il enchaîne avec 

« Pardon pour la méfiance en parallèle j’avais une escorte/brouteur qui me demandait direct mon numéro de tel ».

AH AH AH,  je lui réponds juste .. 

« S ? pas S ? » 

Car sur Tinder il a un prénom différent  que sur Whatsapp… la blague des mecs qui gèrent pas trop quand même ;

 

Donc Svend me répond (ça y est j’ai trouvé le prénom-pseudo qui lui convient, il va falloir lire jusqu’à la fin pour comprendre): « le Whatsapp n’est pas en mode agent secret… » avec un  smiley désespéré.

 

Et oui mon gars, faut faire attention quand on veut jouer ce petit jeu là. Bon j’apprendrai plus tard qu’il est quand même bien expérimenté le monsieur. Mais il ne se doutait sans doute pas que Pénélope avait de la bouteille aussi (voire davantage).

 

Il est courtier en assurances, enfin c’est ce qu’il m’a dit. Pas d’importance de toute façon, mais c’est pour que vous situiez le personnage. Et son « emploi du temps ...très flexible ».

 

J’ai donc commencé à lui demander un peu pourquoi, il était sur Tinder, ça me titille toujours de savoir, même si c’est rarement foufou les réponses, voilà donc notre échange :

 

Lui : « Quand tout va bien sauf un sujet crucial dans les relations à deux… tu as le choix de tout plaquer ou de compenser autrement ».

Moi : « le sexe ?»

Lui : « yes »

 

Il me propose un verre, vers chez moi (donc pas loin de chez lui). BINGO, allons faire connaissance. Rendez-vous à 19h à la Cantine du Troquet.

Sympathique moment, j’avoue il me plait bien, et je me dis alors que ben, pourquoi pas me faire du bien avant mon été.

 

Je vois que je lui plais aussi, on repart chacun de son côté. J’apprendrai plus tard qu’il aurait adoré me découvrir de plus prêt, mais bon pas dans la rue, c’est trop dangereux, la cage d’escalier de mon immeuble lui aurait bien plu.

Flûte alors, moi pas trop.

 

Le week-end se passe, je suis à Granville chez mes amis, je profite du temps et de l’air iodé. On échange peu.

Je suis assez experte en homme marié, et pas du tout mal intentionnée, donc bon ben s’il veut m’écrire il le fait, moi pas. Je n’attends rien de ce genre d’homme. Juste un peu de sexe et de plaisir. Un morceau de vie, juste un morceau de vie (le titre de ce texte est donc parfait "Vis").

 

 

Mardi 5 juillet, après deux trois échanges, il me propose de passer me voir. Pas vraiment enjouée, mais bon je lui donne mes codes. Il monte. On s’embrasse, je lui offre un Perrier et on s’installe sur mon canapé.

Il est chaud, je le sens, mais je suis hyper calme et pas du tout dans l’excitation de ce moment. L’expérience, sans doute cette doute, l'expérience.

 

Ah oui j’oubliais, en fait j’ai tellement de trucs en tête que je me mélange un peu, désolée. On avait un peu parlé de sa vie au bar, il est avec sa « femme » depuis dix ans, et ils essaient d’avoir un bébé mais ça ne semble pas fonctionner (dixit monsieur hein).

 

Là, assis sur mon canapé, alors que le Perrier tiédit, que nos corps se rapprochent, il continue ses petites questions. Il veut savoir quelles sont mes attentes sexuelles, si j’ai des tabous; Directement je souris (intérieurement hein, ne pas laisser transparaitre que ça y est, on y est…). Le mec me demande où j’en suis des mes testes MST, si j’ai de l’herpes, si je me protège toujours… J’ai presque cru que j’étais chez ma gynéco, sauf que ben, j’avais toujours ma culotte là.

Je suis donc à ce moment précis, pliée en deux (mais toujours intérieurement, ne RIEN laisser transparaitre).

 

Je le rassure ! Finalement on peut bien bananer qui on veut hein ? C’est ma parole, juste ma parole…(soupire intérieur). Encore plus un mec, qui bande un max, quand tu lui réponds « Bon moi tu sais j’ai pas de tabous », ses yeux s’illuminent tellement. Moi je l’embrasse. Inutile d’aller plus en détails,  j’ai compris.

 

Je le titille un peu et puis je reprends mon verre, et de la distance. C’est là qu’il me parle de sa femme et de leur rendez-vous du lendemain, à 9h, à la clinique de la Muette. Sans déconner vous voyez où je veux en venir… Non ??

Ils ont donc rendez-vous pour une FIV !!! Et le mec me plote sans scrupule, et est à deux doigts de baisser sa braguette (je l’ai poliment retenue).

J’avoue que c’est la douche froide. Oui ok, j’en ai vu des mecs à vomir, mais là j’ai légèrement eu une montée gastrique, une belle nausée.

J’ai écourté, sans montrer mon dégout, ce moment très « tendu » !

Ça a été finalement assez simple pour moi de « switcher », je découvre peut être mes limites.

 

Il est donc parti, son pantalon hyper tendu. Il m’a ensuite envoyé deux trois messages, et m’a demandé quand on pourrait aller plus loin ; J’ai proposé un peu dubitative « vendredi ». Je voulais étudier le spécimen, allait-il vraiment aller aussi loin ?

 

Sachant qu’il m’a parlé des différentes appli sur lesquels il était inscrit, pas un novice le gars, j’ai cette facilité à faire parler les hommes. Je donne sans doute confiance avec ma grande « ouverture d’esprit ». Il m’a bien calmée aussi, quand je lui ai dit que bon j’avais désactivé Tinder, donc que j’avais viré notre match… Il m’a alors répondu en blaguant (mais putain ce n’était pas drôle)  « comment je vais faire, j’ai plus de photos de toi pour me donner du plaisir demain » (donc comprenez qu’il allait se palucher (j’adore ce mot, complètement désuet) avec mes photos pour récolter sa petite semence à la clinique). Sans déconner il va trop loin non ? Et bon mes photos Tinder son softs hein, une photo en pied dans un musée et un selfie hyper « normal »… ) .

 

Mercredi 6 juillet pas de nouvelles

 

On a échangé des messages plus explicites et sexuels dès le jeudi.


Jeudi 7 juillet. Il m’a donné RDV vendredi... et puis j’ai senti un truc étrange. Un malaise. Putain le mec a « enfin » des remords. Je le sens. Il répond à mon message qui lui demande de me confirmer :

 

Lui : « OK on voit ça demain, pas histoire de toi, une histoire de contexte »

Lui : « Pour faire court l’opération de mercredi s’est mal passée, ma femme est au fond du seau et pas la gnac de prévoir des bêtises dans ce contexte ».

Moi : « OK prends soin d’elle »

Lui : « merci pour ta compréhension »

 

Le lendemain il reprend contact, comme si de rien n’était « Alors cette première journée de vacances ? ». 

 

Je lui réponds un peu saoulée « Pas encore vraiment en vacances. On se re croisera peut-être un jour. L’été va passer, et tu vas matcher avec le jolies filles…fraiches et moins …( lisez « gironde » dans les petits points.. car il a été question de cela un peu aussi, dans le moment papouilles sur mon canapé) » 

Lui «  HI HI non je ne vais pas allumer l’appli »

 

Depuis pas de message. Je ne réponds plus, j’ai perdu assez de temps.

 

Bon j’avoue que je me régale quand même encore un peu. Il me suit sur Insta, sur mon compte perso, et je le suis donc aussi. Le mec est marathonien, un sportif de ouf.

 

Je vois qu’il regarde toutes mes story. Comme il m’a redonnée envie d’écrire (bon avec une histoire désolante, mais tout est bon à prendre), je l’observe m’observer.

 

Il est temps de revenir à ce côté un peu fou de la coïncidence. En effet j’ai regardé une série sur Netflix cette semaine, Baby Fever… SKRUK … je me suis installée devant mon petit écran en mode, pas trop envie de réfléchir. Et quand j’y pense, quand je mets en parallèle ce moment et les moments de cette rencontre avec Svend je suis complètement sonnée.

Je ne vais pas vous spolier la série, que j’ai dévorée, mais qui a un, non des sujets assez forts autour de la maternité de femmes de plus de 40 ans. C’est quoi cette putain de coïncidence encore… on ajoute juste que c’est une série Danoise et la boucle est bouclée non ?

 

Episode 5 « C’était toi » vers 17 min20

Lui : Je pense que le monde essaie de nous dire quelque chose. 

Elle : c’est vrai que tu as toujours cru aux coïncidences ! Qu’est ce qu’il veut nous dire d’après toi ?

 

 

Bonus : le choix du prénom du garçon qui m’a inspiré ce texte est donc lié à l’initiale de son prénom bien français, et aux liens Danois qui me tiennent ici.


J’ai fait deux trois recherches du coup merci -parents.fr-

https://www.parents.fr/prenoms/svend-55778

 

« Svend, c'est une personne intrépide. À noter : il est bien souvent en demande de dynamisme dans son quotidien. Svend est par ailleurs audacieux, ainsi que déterminé. Il peut s'avérer un peu têtu, toutefois, il n'en est pas moins persévérant. Il se fixe des buts, se met au défi, et se donne la possibilité de les tenir pleinement »

 

Bonus Bis : Svend a pour saint Séverin de Tivoli et devinez qui était à Tivoli cette semaine à Copenhague !

 

 

Bilan de ce méli-mélo que j’ai eu du mal à écrire, entre mon fils qui me prend un temps fou, et bon il faut dire que j’ai besoin d’espace et d’air pour écrire; mon oubli de chargeur à Paris, ma fin d’année surchargée, c’est un joli blougi-boulga cette histoire non ?

 

Assise là, dans le jardin de cette maison complètement dingue de Skanderborg (perdue dans la pampa danoise), face au feu que mon fils a fait pour faire griller ses marshmallows de 14 juillet, la chanson F.R.A.N.C.E. en fond sonore, je soupire et je me dis que ma vie c’est bien de la merde. Mais que mon fils est heureux, bon ben c’est juste le principal. Moi, ben je ne crois plus trop à mon bonheur.

 

Le détail final… le portrait de Frida, encadré dans un coin perdu de la cuisine de cette belle maison, elle semble désemparée… un peu comme moi ce soir. Elle va illustrer mes émotions du moment.

 

 

 

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