LIER, DÉLIER, TISSER


Des mois que mes doigts n’ont pas pianoté sur ce clavier pour vous écrire, pourtant les mots fusent dans ma tête, mais écrire sans la vie qui m’enveloppe m’est impossible. Il y a quelques semaines j’entendais sur France Inter un réalisateur qui disait qu’il avait besoin de la ville, de la vie, pour créer, que ce n’était pas comme pour les « écrivains », alors bon je ne suis pas écrivaine, mais moi j’en ai besoin de ces battements de cœur de Paris, j’ai besoin de brouhaha, d’agitation, pour écrire et écrire encore. Je ne suis pas de ces auteurs qui s’enferment dans une maison à la campagne, qui ont besoin de silences. D’ailleurs ne sommes nous pas tous différents quand nous créons ? Zut, je m’éloigne déjà de mes sujets du jour, reconcentrons-nous.

 

Ah ben oui, quatre mois sans vous écrire, j’en ai des choses à vous dire. Je ne sais pas trop comment commencer et surtout comment je vais vous lier mes histoires. Car c’est bien cela qu’il est question finalement de liens. Ma tête est en ébullition et je souris, tellement c’est bon. Hier d’un seul coup en sortant du cinéma, j’ai relié deux choses, et BAM, d’un coup j’en ai assemblée deux autres, puis encore deux. Et au final en me réveillant ce matin j’ai tout vu tissé sur un canevas sans fin .Comme mon cerveau est fou.

SEXE, ALCOOL, AMOUR… Un doux lié/délié… Comme un mouvement dansé de Pina Bausch.

Alors hier en sortant du cinéma Gaumont Parnasse, mon cœur s’est emballé, j’ai repensé à ce dernier film que j’avais vu avant la fermeture des salles en octobre 2020, « DRUNK », film Norvégien complètement perché que m’avait conseillé mes amis de Montélimar. Un délice. Une folie sur l’humain, l’alcool, les limites, nos limites… et l’explosion d’un couple.

 

En sortant donc hier de cette séance de « PROMISSING YOUNG WOMAN », j’ai fait des liens, enfin mon cerveau à lié les deux films. Il est question d’alcool ici aussi. De l’impossibilité d’aimer et de se laisser aimer. Ces films sont complètement différents, et pourtant ils ont raisonné si fort en moi. Je me suis pris un coup de poing dans le cœur. J’ai eu envie de danser, de crier... de vomir.

Avant la séance mon amant était passé me rendre visite. Cet amant qui me hante et qui me rend folle lui aussi. Sans doute que les endorphines libérées par mon corps dans l’après-midi, ont eu des effets sur mes émotions, sur mes idées. Dans ce film là, il est question de sexe et de consentement, de l’homme et de ses travers. Je généralise peut-être mais en ce moment j’avoue que c’est assez facile pour moi de constater la connerie masculine (j’ai cherché un autre mot, je n’ai pas trouvé mieux, j’en suis désolée).

Alors voilà, grosse discussion avec cet amant justement. Ok je vais déballer un peu. Bouchez vos oreilles, non, sautez des lignes si vous craignez mon ton un peu trop cash.
Il est question de sexe, de consentement aussi (vous comprenez donc le lien ?) et de cunnilingus. Mon amant et moi on s’effleure, on se pénètre, on fait l’amour depuis plus de trois ans. Alors on se connaît « un peu » maintenant. Il est parfois un peu trop brutal, trop peu à mon écoute… Alors on parle, toujours, on se cale, on se réajuste et au final, c’est fou. Ah le final … ok ok j’exagère.

Hier, il ne m’a pas écoutée et a insisté un peu trop. Comment peut on s’imaginer que le mot « stop » ne suffit pas. Rien de grave, mais voir ce film après ce moment plutôt troublant ne m’a pas rassurée. Vous les hommes, pensez qu’un « non », « un stop », veut dire « oui »… « encore »… mais putain on est en 2021.

Je généralise encore, oui oui les hommes qui ne sentent pas concernés comptez vous, lisez et aidez-nous à éduquer les autres.

J’attaque fort je sais. Je me mets un peu plus à poils, je sais.

L’idée folle qui est venue en moi en sortant du cinéma, était que peut-être, si j’avais bu avant de faire l’amour, j’aurais moins senti cette colère monter en moi, et j’aurais peut être été moins dérangée par ce moment, par ces mains qui bloquaient mes cuisses. L’alcool, le sexe… On en revient au début non ? Erreur, ce n’est pas possible d’accepter cela.

Alors quand ce matin au réveil, Facebook m’a proposé un reportage audio de dix minutes sur le cunnilingus, je vous jure que j’ai encore fait des liens. Elle y parlait de consentement, de ressenti, et de l’écoute. Ah l’écoute…

Mais pourquoi ne sommes nous pas écoutées ? J’ai 43 ans et je pensais que ça ne m’arriverait plus. Surtout pas avec un homme a qui je tiens tant. Boomerang ! (Oh la vache quand j’écris ce mot je pense à l’Australie… et à mon autre amant… dites à mon cerveau de s’arrêter).

 

Me considère-t-il comme une acquisition, un truc à lui, un objet qu’il possède ?

Nous considèrent-il comme une acquisition, un truc à eux, un objet qu’ils possèdent ?

Aujourd’hui, ma réponse est « oui ». Je généralise encore, mais je m’en fous.

 

Cette semaine, j’ai appris qu’une amie été allée à un mariage. Elle était invitée par la mariée. Le marié n’est jamais venu. Il a laissé sa future femme, seule devant la mairie. Des kilos de dragées sur les bras (c'est cool j'adore ça et elle mon amie m'en a rapporté), une robe blanche bien repassée, et des invités complètement désolés. Cet homme, encore un, l’a fait attendre, et ne lui a rien dit jusqu’au dernier moment. Elle a compris en arrivant à la mairie qu’il se passait un truc. Aucun de ses amis a lui n’était là, même pas ses témoins. Quelle claque.

Le lien ? Ah ben il est simple. Depuis des semaines, des mois, je n’attire que les hommes mariés. Souvenez vous mes autres textes, et bien rien n’a changé, c’est même de plus en plus fou comme cela se confirme, je peux me faire tatouer sur les fesses, « aimant à hommes mariés ». Alors lui, cet homme là, il n’est pas venu à son mariage, c’est sans doute un mal pour un bien. Il la trompait depuis des mois, elle l’a appris dans la foulée. Je ne sais pas ce qui est le plus lâche. Planter la mariée le jour J, ou tromper sa femme après le jour J. Ce sera sans doute le débat de mes prochaines soirées estivales, avec ma tribu d’amis.

Dernier lien, et puis j’arrête, le film, celui que j’ai vu hier, et bien il se termine lors d’un mariage… la boucle est bouclée je vous dis.


En attendant sortez, vivez, vibrez, aimez et souriez.

 

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