UN COEUR A PRENDRE (2)


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Stefan_goldschmidt 
Hamburg

Vous le savez un peu, je cherchais un amoureux.

Oui, oui ! Vous lisez bien… j’ai utilisé le passé.
Non, non !  Je n’ai pas  trouvé d’amoureux.
Bilan de ces 5 mois : On lâche l’affaire.
Résultat : Mon cœur est retourné dans sa forteresse.


J’ai été percutée, pendant cette période un peu folle du confinement. Pour être précise, c’est mon petit cœur qui a été percuté en fait. J’imaginais sans doute encore un peu trop que l’amour était de nouveau possible pour moi. Je me suis laissée portée par un garçon. J’y ai cru, je suis tombée dans le panneau, tous mes voyants étaient éteins et pourtant je suis assez lucide habituellement.

Le confinement a eu  raison de ma raison.

J’ai cru avoir 15 ans, c’était bon. Mais punaise, j’avais oublié comme à 15 ans un chagrin d’amour ça fait mal. Ah… je vous vois rire devant votre écran. Amoureuse d’un mirage, amoureuse d’un garçon à qui je n’ai jamais caressé la peau ; amoureuse d’une relation virtuelle, et bien oui. L’amour est sournois et multiple. J’ai ouvert mon cœur, bien trop grand je vous l’accorde. Mais je ne regrette rien. Je suis comme ça, entière et passionnée.

La réalité a juste été bien trop brutale, c’est si peu surprenant finalement, et pourtant j’ai été prise par surprise. Il est en couple. Ce garçon s’est livré autant que moi. Oh oui je vous vois sourire encore une fois, et bien oui j’ai été un peu loin. Mais c’était bon. Pas d’inquiétude j’ai évité de faire l’erreur de Benjamin G.,  ma tête n’est jamais associée à une partie de mon corps qui pourrait me compromettre. 
Enfin, soyons honnête,  quand même ce confinement m’aura fait faire des trucs inimaginables.

Ce mur humain, enfin ce garçon légèrement manipulateur, que je me suis pris en pleine face, m’a permis de me rendre compte de ce dont j’avais vraiment besoin.
Un amoureux oui… mais pas à n’importe quel prix.


J’ai depuis peu, modifié la direction de mes « recherches », mon curseur est un peu moins en direction du cœur.  Parce que je crois que je n’y crois plus en cet amoureux, par contre j’ai toujours cette folle envie et ce doux besoin de jouir. Jouir de la vie, jouir de l’amour, jouir. Ce mot et si précieux.

Je viens de regarder un film léger, « Paris-Manhattan »… et Woody Allen y dit:
« Pour Freud, deux choses sont essentielles pour une vie agréable, la profession que l’on choisit et le sexe. »
Freud me rend un peu folle par moment, mais là j’aime bien ce qu’il développe. Je suis de ce genre de fille qui s’adapte aux citations qui lui plaisent. J’assume.

Je sais depuis longtemps  que le sexe est un point fondamental pour moi. Je ne le cache plus, mes cancers aux deux seins m’ont fait revoir très précisément, mes priorités.  Mais je me suis rendue compte depuis peu, que ce côté « femme libre » faisait peur.

Je vous vois sourire encore, trois fois déjà… mais pourquoi ferait-elle peur ? 
On est en 2020. C’est génial d’avoir une femme libre, ouverte, indépendante, qui aime et parle de sa sexualité sans filtre.

Et bien voilà j’ai essayé d’analyser les retours très nombreux que j’ai pu avoir des matchs de ces derniers mois. Ce qui est fou c’est que j’arrive à échanger avec certains assez simplement. Mais ce sont toujours des hommes mariés, ou en couple.
J’en ai déduis que j’étais la fantaisie, l’exotisme qui n’existait plus dans leur couple. Ce que l’on recherche à 20, 30 ans et que le quotidien semble souvent avoir étouffer à 40 ou 50 ans.

Dès que les garçons sont célibataires, tout part en vrille très vite. Voici l’échange que j’ai eu avec un homme de 49 ans, avec qui j’ai matché sur Tinder. Déjà il a menti sur son âge sur son profil, stupidité.  Le mensonge me rend folle.
Tout est parti d’un « rappelle moi, tu as cette coupe de cheveux depuis quand ? » Ma tête, je vous en parle depuis le début, de ma tête de rockeuse. Le sujet revient systématiquement.
Moi : «  … Je ne compte pas les laisser repousser, c’est un problème ? »
Lui : « Oui car en 2020, les cheveux est un de trois signes de féminité »
Moi : « Tu ne me trouves pas féminine ? »
(..)
Lui : « Si ça te fait plaisir c’est le principal , mais les mouches on ne les attire pas avec du vinaigre »
Moi : « Et ? »
Lui : « Réinvente-toi, mais pour toi, tout en te plaisant »
Moi : « Tu ne me connais vraiment pas »
Lui : « Je connais tes cheveux courts et le goût des garçons. Si tu tapes femme sur Google, sur les 20 premières pages, tu trouveras des femmes avec des cheveux mi longs. C’est ça se réinventer, ce n’est pas cultiver une identité du passé mais s’adapter, physiquement, psychologiquement au moment présent, quelles que soit les épreuves du passé ou de l’avenir. »
Moi : « Rentrer dans la norme de Google, se fondre dans la masse, évidemment suis je bête. Arrêtons là monsieur. »
Lui : « Tu sais le premier signe qui crée la confiance, pour tout rapport humain, que ce soit une relation amicale ou commerciale ou amoureuse c’est la confiance. Et la confiance nait de la similarité et de la proximité. J’aime bien échanger avec toi car ta répartie est constructive. Tu as le sens de la rhétorique développée »
Moi : « Pour le coup tes messages sont assez peu filtrés et tu attaques fort. Pour ma part je sais surtout à quoi je ne veux plus ressembler. Se réinventer ne veut pas dire se conformer. « 
(…)
Lui : « Et comme nous vivons en société, pour construire le bonheur il faut se conformer à la société, désolé. En conclusion les cheveux longs t’iront très bien et si tu le fais c’est avant tout pour toi ».
Moi : « Et bien NOP ! Les cheveux longs me vont très bien en effet, mais ce n’est pas mon projet du moment. La société conformiste se passera donc de moi. »
Lui : « Oui et du bonheur,  ce n’est pas facile de se donner une impulsion pour se réinventer, c’est plus simple quand on subit »
Moi : « parce que tu imagines que je n’ai pas de bonheur dans ma vie ? Comme c’est étroit. Je ne subis pas grand chose, mais comme tu ne me connais pas tu peux facilement avancer des idées toutes formulées et stigmatisantes ».
Lui : « Je reste là pour toi car même si je suis chiant, je reste loyal et fidèle. En amour comme en amitié.
Moi : « Chiant je ne pense pas, tenace et obtus peut être.  En amitié comme en amour le virtuel n’a aucun sens à mes yeux, et puisque nous ne sommes ni amis ni amoureux nul besoin de loyauté. Sens-toi libre d’être infidèle, et de couper court aux échanges peu constructifs d’une jeune femme qui assume en toute simplicité son bien être capillaire face au diktat sociétal parfois rétrograde que tu brandis au nom du bonheur. Bonne nuit monsieur. »
Lui : « Fais de doux rêves »
Il ne m’a plus écrit. Epuisant et tellement habituel.

Alors oui, je pourrais évidemment me relaisser pousser les cheveux, je pourrais accepter qu’on me dise que non c’est quand même mieux de porter cela ou cela. Mais j’ai la nausée en écrivant ça. J’ai déjà fait cela, à 18 ans, quand j’ai rencontré un garçon fou, j'étais amoureuse et ma vie sexuelle prenait de l'épaisseur... 5 ans ensemble, des cheveux qui poussent pour lui faire plaisir et peu à peu un étouffement. Un avis sur mes tenues, sur mes amis… J’ai eu du mal, mais j’ai tout plaqué. Et j’ai suivi mes rêves, Paris, le théâtre.
Si les hommes de ma génération cherchent une femme bien sage pour leur quotidien et une maîtresse rockeuse pour fantasmer, puis je me battre? Non j'observe et je profite.

Je suis joueuse et terriblement attachées à mes deux amants (ceux qui suivent se demandent où est le 3ème... il est parti filer le parfait amour sur un autre continent, ce qui ne l’empêche pas de m’écrire toutes les semaines pour me dire ce qu’il rêve de faire avec moi sexuellement, je lui manque apparemment terriblement, c’est assez agréable mais un peu frustrant).

Avec Clark et César (je suis assez fière de mes petits surnoms) on partage des moments simples et on sait exactement où aller. Ils ont sans doute cette dualité qui les tiraille. Mais c’est très clair entre nous et j’aime profondément ce qui nous traverse, ce que nous partageons. Du coup s’ils décident d’arrêter de me voir, je comprendrais. Le doux équilibre n’est jamais simple à trouver.

Un ami qui me connaît depuis mes 21 ans. Rencontré à mon arrivée à Paris, dans la tempête de ma séparation avec cet amoureux attaché à voir mes cheveux pousser.
Ce bel italien, rencontré dans cette rue Blanche du 9ème arrondissement où j’avais mes habitudes d’étudiante ; Cet ami, qui me connaît très bien, m’a écrit hier ce message qui m’a donné envie de reprendre la plume : « Une femme qui assume y compris sa jouissance, ça leur fait peur. Au lieu de vivre à fond ces instants, ils ont peur de ne pas être à la hauteur »
Je ne sais pas si c’est une question de hauteur. Mais il y a un niveau que je ne dois pas atteindre visiblement. Joyeux anniversaire monsieur, je suis contente d’être passée te voir aujourd’hui dans ce Paris si peu animé.


Conclusion, j’ai clôturé tous mes comptes de sites de rencontres depuis plus de 10 jours. By By Happn, Tinder et Bumble.  C’est en ouvrant ce dernier compte que j’ai commencé ce blog. J’ai déployé mes ailes et maintenant je file survoler la vie.

L’amour n’est plus fait pour moi, parce que non je ne crois absolument plus qu’un jour comme ça, sans chercher, un amoureux va me tomber sur le cœur. 
Ça n’existe pas ça.  
J’ai toujours déteste les contes de fées, la boucle est bouclée.



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