NOUVELLE ANNEE



L’année commence. Vive la nouvelle année.

J’ose enfin pousser la porte du bar que je vois en rentrant chez moi tous les jours depuis mon arrivée dans ce quartier parisien « La petite culotte ». Il me fallait bien un endroit qui porte un nom aussi parfait pour reprendre la plume, enfin le clavier. Un verre de Pouilly Fumé, un sourire du serveur et me revoilà. Ce début d’année restera mémorable, espérons juste que la suite soit plus glorieuse.

Au prime abord le 1er janvier s’annonçait tout doux. Un premier rendez-vous charmant, le premier jour de l’année. Quelle classe, quelle élégance, quelle politesse. Monsieur présentait bien. J’aurais du me méfier. Trop propre sur lui. Alors nous avons passé un très bon déjeuner, et il a payé. C’est parfois important de le préciser. Je n’aime pas vraiment le côté, la femme ne paye pas, mais lors d’un rendez vous via un site de rencontres et après un certain nombre de rencards bien nazes, quand on part pour un déjeuner avec un mec qui porte une Rolex on ne s’attend pas à payer. Je ne suis pas vénale, juste un peu romantique non. Bonne pioche finalement, il est intéressant, et cultivé. Mais je vois bien la faille. Pourtant je m’y engouffre. Il habite Saint Germain en Laye, il joue au golf avec excès, et n’a aucune patience.  J’aurai du fuir. Moi qui suis une rockeuse un peu folle et très libre, j’avais l’impression de retrouver mon ex mari en plus vieux et plus rigide. Pourtant je m’accrochais à l’idée d’avoir un amoureux. Peu importe finalement l’amoureux.

Nous sommes allés marcher, autour de ma copine la Tour Eiffel. Au bout d’une bonne heure je lui ai proposé de monter boire un café. Il me semblait assez sain. J’avais froid.
Encore une fois j’aurais du écouter mon instinct. Cette petite voix criait « Il n’est pas fait pour toi ». Mais pourtant j’ai continué à espérer. Une nouvelle heure à discuter, sagement installés sur mon canapé.
Il se décide à partir, enfile son manteau et m’embrasse. Je me laisse évidemment faire. Sans vraiment beaucoup de passion il faut quand même le préciser. Il n’y a pas ce petit truc, cette étincelle, mais pourquoi pas. En amour ce n’est pas toujours le feu dès le départ. Il a été assez habile linguistiquement parlant, mais c’était la débandade partout ailleurs. Je ris encore, je l’ai rencontré « grâce à » Sharon Stone et je me retrouve sans culotte au premier rendez-vous. Quelle nouille. Pas lui, moi.

Il est rapidement parti. Une fois arrivé chez lui, cet homme si doux, m’écrit des messages assez salasses. Je le recadre en employant un vocabulaire plus soft… puis il me souhaite une douce nuit.

Texto du matin, il a réfléchi, il préfère en rester là. Il a pris le temps de formuler et d’argumenter. Classe je vous dis, mais prévisible finalement.
Je me sens vide et stupide. Mais qu’allait il m’apporter, pas du fun et pas de l’aventure. Il
s’imaginait lui aussi (il me l'a dit) que mes cheveux courts et mes Docs Martens, me rangeaient dans la catégorie lesbienne, voire bi. Décevant.

Deuxième jour de l’année dépressif. C’est mal parti 2020. J’ai déjà hâte qu’elle se termine cette année.

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