UN COEUR A PRENDRE (1)
« Un
cœur à prendre »
Premier Bilan - Janvier
2020
Tenir
un journal de mes rendez-vous foireux ou réussis (oui j’ai toujours de
l’espoir) me permet de cibler au plus près mes besoins du moment, et mes
attentes plus lointaines.
Objectif visé:
trouver un amoureux (pour le reste, le sexe, j’ai de quoi me rassasier).
Ma
définition de l’amoureux est simple : un garçon avec une épaule, un cœur,
des mains, un sourire, des yeux, de la culture et une feeling sexuel fou. Je
sais je mets la barre un peu haute, mais c’est fini le bas de gamme. Pour mes
42 ans je vise la lune, et si je croise une ou deux étoiles sur mon chemin ce
sera un beau voyage.
Cette
année ayant commencé sur les chapeaux de roues avec Eric (lire le post précédent « Le meilleur reste à venir ») et
comme mon horoscope m’annonce une fiesta affective de folie au printemps, je
suis sur-motivée, et très ouverte à de nouvelles rencontres hivernales. Voilà donc mon premier bilan affectif de l’année.
L’enseignant de Maternelle (je triche un peu
pour ce « date », il a eu lieu fin décembre).
TINDER me revoilà. Il habite dans mon
arrondissement du nord-ouest parisien. J’avoue, je cible sur mes deux applis de
rencontres, des hommes qui habitent Paris et qui sont proches de chez moi, vive
la géolocalisation. Il présente bien, il a été très correct par message. Nous
sommes très vite passés sur Whatsapp. Cela me permet de voir assez rapidement
leurs intensions, parfois cachées et feutrées au premier abord quand on échange
sur l’appli. Quand le « MonsieurMatch »
se sent en confiance et a mon numéro, il se lâche souvent davantage (je
développerai cela une autre fois). Nous nous sommes donc retrouvés pour un café,
dans un bar surchauffé extrêmement calme, proche des Invalides. Il me dévore
des yeux. Moi je suis moins emballée. On se découvre. Il me raconte comment il a
laissé, il y a plusieurs années, sa future femme, seule devant l’autel le jour
de leur mariage. Puis il me parle en toute simplicité, de la femme avec qui il
vient de passer 5 ans. Elle est enceinte, et il l’a quittée à son 4ème
mois de grossesse. Je ressens comme un fort sentiment de liberté et un refus de
s’engager chez ce monsieur. Je sens mon corps relâcher ses tensions. Evidement
on se met une petite pression quand on va à un rendez-vous comme celui-ci. Je
cherche quoi, l’amour ? Comme si je jouais un truc de ma vie en glissant
mon indexe à droite ou à gauche sur mon Smartphone. C’est un peu fou et ridicule si on y réfléchit.
Bon pas forcément, il y a des couples qui se créaient. Tout est possible, ne
pas oublier de regarder loin devant et de viser la lune. Revenons à ce prof de
petite section d’une école parisienne, bien troc chic pour moi. J’écourte la
discussion poliment, il me dit alors avoir
un autre rendez-vous et part assez vite sans payer son café crème, ni mon thé. Il
me rappellera dans la semaine suivante, me proposant une sortie, une expo. J’ai
décliné, sans vraiment détailler mon ressenti. Plus de nouvelles depuis.
Parfait
Le prof de sport (je me rends compte que je
commence l’année avec une belle brochette d’enseignants. Bon pas un pour
relever le niveau de l’autre quand même).
J’ai
de nouveau tenté un rendez-vous BUMBLE. Ce site de rencontres est
similaire à TINDER finalement. Je ne
comprends pas vraiment la différence dans la population d’hommes inscrits. J’aurais
évidemment dû savoir que cela serait un échec, mais comme le dirait l’une de
mes douces amies « fonce, continue à
chercher, l’amour est quelque part pour toi ». Je ne perds plus beaucoup de temps, vous la
savez un peu. J’ai laissé ce soir, une chance à ce monsieur, bien trop sûr de
lui à mon goût, un peu chaud dans ses premiers messages, sans être vulgaire ni
insistant quand même. Après une petite demi-heure à parler de nous, j’ai
clairement parlé de mes attentes.
Trouver un amoureux. Il a
d’abord ri, gêné. Puis il m’a sorti son
passeport… je vous jure… son nom de famille est « Amoureux ». C’est parfait. Il me donne envie d’écrire.
Mais rien de plus. Il est parti au bout de 45 minutes, me donnant RDV le
lendemain soir, chez lui (une « chance » en période de grève RATP, on
habite à 3 arrêts de métros l’un de l’autre, une formalité pour y aller à pieds),
pour évidemment boire une tisane. Non je
déconne, je l’excite grave avec ma tête de rockeuse, il a envie de moi. Il a
été explicite. Je ris toute seule, non j’ai la nausée, accrochée à mon clavier.
C’est juste fou comme une coupe de cheveux courts, peut exciter tant de
garçons. Je réfléchis à mettre une ancienne photo de moi (avant ma chimio) avec
des cheveux longs, sur mes annonces de
sites de rencontres. Je ne supporte plus vraiment le cliché. Cheveux
courts, tatouages... synonyme de nana dominatrice, soumise, bi, adepte des plans
à 3, des clubs échangistes… et je suis soft sur les retours que je reçois par
messages. J’ai particulièrement apprécié le « Tu
n’es pas mon genre habituellement, mais j’aime bien tes cheveux courts, tu dois
être une bonne amante ».
J’ai
envoyé un message le lendemain matin lui disant que je n’avais pas eu cette
petite étincelle qui me donnait envie de le revoir, et que je lui souhaitais
une rencontre à la hauteur de ses attentes. Il a répondu « aucun
souci ». Au suivant.
Le
bel expert comptable. Un match TINDER tout frais, sur un profil ma fois intriguant.
Au deuxième message il me disait qu’il était en couple et qu’il avait 3
enfants, et il me demandait si cela me posait un problème. J’ai hésité et puis
je me suis dit que finalement, je
trouvais aussi un peu mon compte en ce moment dans le rôle de « maîtresse ». Ma vie me laisse
finalement peu de temps pour mettre en branle une relation. Et puis je
travaille toujours sur ce que j’ai besoin, je ne suis pas très claire avec
cela. J’ai juste été directe, des plans culs je n’en ai pas besoin. Mais s’il
veut bien passer du temps avec moi aussi hors du lit, de temps en temps, au
restau ou dans une expo, pourquoi pas. Nous avons échangé avec beaucoup de
fluidité et de classe toute la semaine. Il a réservé un restaurant entre son
travail et le mien. Je crois que c’est la première fois qu’un « date » prend les devants et propose
un lieu. Efficace le monsieur. J’aime ça. Je n’ai pas vu le temps passer. J’ai
beaucoup trop parlé de moi, et pourtant il n’a pas pris ses jambes à son cou.
On se plait je crois. J’ai aimé fermer les yeux et l’embrasser, dans le froid
de ce début d’après midi de janvier. Notre prochain rendez vous sera à l’hôtel,
une douce envie d’aller un peu plus loin me chatouille le ventre. Mais nous sommes
si différents. A suivre.
Et
puis en janvier, il y a aussi eu les « habituels ». Mes deux hommes
engagés (un marié, un pacsé). Pour l’un c’est simple, on a envie, on a du
temps, on fait l’amour. Nos rendez-vous de janvier étaient fous, mais il n’y a que
du sexe entre nous, impossible d’échanger avec cet amant qui a 10 ans de moins
que moi, et avec qui tant d’idées divergent. Pour l’autre c’est un peu plus
compliqué. J’ai mis plus de 6 mois à accepter ses avances. Et puis j’ai craqué
l’an dernier. Sans regret. Il est fin, nous avons des discussions posées, et au
lit c’est top. Mais depuis quelques mois, il me trouble avec sa petite vie de
papa modèle. Il n’est plus vraiment attirant et ne rend plus rien de sexy ou de
fun entre nous. Impossible de le voir depuis deux mois. Il devrait un peu
changer son fusil d’épaule s’il veut continuer à passer du temps contre moi. Finalement
quand on est la maîtresse, on a besoin de séduction, de passion, du regard un
peu fou de l’homme qui glisse ses mains sur notre corps. Enfin moi c’est ce
dont j’ai besoin dans ce genre de relation. Pas de recevoir les photos de sa
petite famille. Entendons-nous, je ne souhaite pas non plus recevoir de photos
de son pénis (c’est un point réglé depuis peu avec mon jeune amant d’ailleurs,
j’ai dû lui expliquer plusieurs fois que non ça ne m’excitait pas de recevoir le
selfi de sa verge en érection sur mon portable). Un juste milieu serait
souhaitable, les mots sont bien plus forts que toutes les images pour moi.
J’ai
également un peu échangé par messages, sans rencontre, avec des hommes très
variés ce mois-ci. Un des mes premiers rencard TINDER m’a recontactée. Je ne me souviens plus de ce qu’il fait
dans la vie. Nous avions bu un verre, près de Saint Augustin dans ce bar que j’aime tant La Pépinière. Il était en plein divorce et moi pas
certaine de chercher vraiment un mec; nous avions passé un bon moment. Il est
charmant, mais il me rappelle trop mon ex, physiquement et aussi dans son
rythme de vie bien plan-plan. Je crois que dans mes premières recherches
j’axais sans le voir mes choix vers un homme qui aurait pu remplacer celui qui
avait vécu 12 ans à mes côtés. Depuis j’ai compris que celui qui partagera de
nouveaux moments de vie avec moi, serait bien plus ouvert, communicant et
romantique que lui. Je n’ose pas écourter ce garçon. Il n’arrête pas de me proposer
un diner, une soirée, un verre. Je ne suis jamais disponible, ou très peu
motivée, alors je décline poliment ses propositions. Il faudrait que je le
revois peut être, pour lui dire en face. Il a peut être évolué depuis son
divorce. Oh la vache, je parle comme si les hommes étaient des Pokémons et
qu’une « évolution » était possible. Il va me falloir réfléchir à
tout ça.
Il y
a eu aussi ce gérant d’agence de voiture de location de luxe. Nous avons
échangé, nous avions bloqué une soirée pour un dîner, il a annulé quelques
heures avant, quand je lui ai demandé où il voulait qu’on se retrouve,
prétextant qu’il devait garder ses enfants. Bonne excuse. Depuis pas de nouvelles.
Sans doute encore un spécimen masculin qui adore les textos, mais pour qui la
réalité fait peur et qui s’excite tout seul en lisant les réponses des filles.
Je pensais commencer à les repérer (lui il m’a eu). Ceux qui te chauffent, qui
se chauffent et puis qui disparaissent quand tu leur proposes de passer à la
réalité. Peut être des hommes frustrés, des hommes mariés qui se cherchent…
J’ai de quoi écrire un bouquin. Je regrette même de ne pas avoir pris de notes
l’an dernier. Parce qu’entre le garde du corps d’un ministre qui cultive son corps
comme un Dieu, l’autiste asperger que j’ai percé en 2 minutes et à qui j’ai
fait peur avec mon énergie tempétueuse, le mec tellement sûr de son charme qui
s’imagine que quand j’accepte un 2ème verre je valide une partie de jambes en l’air
(alors que ma seule envie était de me saouler pour ne plus l’entendre… j’osais
pas encore écourter les RDV foireux et je restais parfois trop longtemps… par
politesse), le doux romantique prêt à se marier en deux semaines (il m’a fait
flipper lui)… et j’en passe tellement.
Il
est grand temps pour moi de lire de nouveaux livres, travaux, articles sur la
sociologie du comportement humain.
Bon
ce bilan est fou non ? J’ai l’impression de ne rien faire, que ma vie est
au ralenti et vide, mais il s’en passe des choses en un mois. Vous aurez
compris que je suis un peu hyperactive. Car en plus de tous cela, j’ai un
boulot que j’adore, une vie culturelle riche et de très bons amis pour partager
des verres et rire.

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